Podcast Tonalités InsurTech · épisode 1 sur 2 · septembre 2026

À partir de quel montant de licence SaaS un assureur a‑t‑il intérêt à faire développer son logiciel métier.

Réponse de Maxime Topolov, co-fondateur de code.store, à Florian Graillot (astorya.vc) : au-delà de 200 à 300 k€ de licence par an, fabriquer coûte moins cher que louer. Sur 5 ans, 200 k€ par an font 1 M€ de coût total de possession, budget qui finance un logiciel sur mesure dont l'assureur garde le code et les données.

20 minutesMaxime Topolov, code.storeFlorian Graillot, astorya.vc
En bref

Dans l'épisode de septembre 2026 du podcast Tonalités InsurTech, Maxime Topolov, co-fondateur de code.store (néo-ESN de 80 personnes, logiciel sur mesure pour l'assurance et les médias), explique à Florian Graillot pourquoi la modernisation IT est plus difficile dans l'assurance, comment l'IA rétro-documente 2 millions de lignes de COBOL en quelques jours, et pourquoi au-delà de 200 à 300 k€ de licence SaaS par an un logiciel métier sur mesure coûte moins cher. Cas cité : un système d'assistance médicale voyage pour 1 500 utilisateurs, coût de run passé de 2 M€ à 200 k€ par an.

L'épisode

Moderniser les SI de l'assurance sans tout refondre

Tonalités InsurTech · épisode 1 sur 2
Maxime Topolov, code.store, reçu par Florian Graillot
Chapitres
  1. 0:00Présentation de Maxime Topolov et de code.store
  2. 2:15Assurance, médias, e-commerce : ce qui change pour moderniser
  3. 4:30Trois usages de l'IA : legacy, souscription des risques industriels, vente
  4. 8:55Où le make échoue et où le buy ne tient plus
  5. 12:30La voie intermédiaire : prototype au sprint 1, 80 % des tickets automatisés
  6. 15:15Résultats : run divisé par 10, coût global divisé par 4
  7. 18:30La condition : séniorité et organisation
  8. 18:45Épisode 2 : passage à l'échelle et performance

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Le problème

Ce que les DSI assurance décrivent dans l'épisode

Un legacy que personne ne sait documenterGestion de contrats en VB6, COBOL ou AS/400, des dizaines d'années de règles et de versements en assurance vie à migrer sans perte.
Des licences SaaS facturées au siège2, 3, 5, jusqu'à 10 M€ par an pour le même logiciel que les concurrents, chez un éditeur souvent américain.
Un standard tordu jusqu'au sur mesureUn SaaS tellement personnalisé que les développements au-dessus coûtent plus que la licence, sans la flexibilité du sur mesure.
« C'est le volume où l'IA gagne tout le temps : en contact, en analyse de code, en analyse documentaire. »

Maxime Topolov, co-fondateur de code.store, Tonalités InsurTech, septembre 2026, 8:10

Ce que le buy fait bien
Un problème standard, résolu de façon standard.
Ce que le sur mesure fait mieux
Un métier spécifique, ou une facture de sièges à plusieurs millions.
Les chiffres cités

Avant, après, et le moment de l'épisode où c'est dit

SujetAvantAprèsÉpisode
Seuil où le sur mesure devient moins cher que le SaaSLicence justifiée jusqu'à 5 M€ par an200 à 300 k€ de licence par an8:55
Assistance médicale voyage, 1 500 utilisateurs 24/7, coût de run2 M€ par an200 k€ par an15:15
Même programme, coût global sur 3 ans (interne, externe, hébergement)Base Dynamics ou SalesforceDivisé par 415:15
Rétro-documentation d'un legacy2 M de lignes COBOL, impossible à la mainQuelques jours4:45
Refonte d'une application abandonnée5 ans, 10 développeurs, 4 500 fichiers18 mois, 5 développeurs16:40
Tickets de maintenance traités par l'IATout manuel80 % automatisés, validés par un humain13:55
Coût de maintien en condition opérationnelleÉquipe de run dédiéeDivisé par 1013:55
6 chiffres avant/après cités dans l'épisode, réservés aux professionnels de l'assurance

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Chiffres tels que prononcés dans l'épisode. Les noms des clients ne sont pas cités par Maxime Topolov.

Trois usages

Où l'IA change la modernisation IT des assureurs

Migrer le legacy

Rétro-documentation

2 millions de lignes de COBOL documentées en quelques jours : règles métier, modèle de données, process. Puis une migration au forfait, 6 à 12 mois, prix et durée fixes.

Souscrire les risques industriels

Agents IA sur les dossiers

Statuts, historique de l'entreprise, sites, clients, terrains : des documents non standardisés lus par des agents pour donner aux actuaires un pricing plus juste et un meilleur loss ratio.

Vendre les polices

Chatbots de relance

Des plateformes comme Alvio clôturent une vente abandonnée ou réactivent des prospects que personne n'aurait rappelés.

La voie intermédiaire

Votre logiciel, moins cher que le SaaS, avec vos données chez vous

Concevoir

  • Recueil du besoin en masse auprès de centaines d'utilisateurs, insights extraits par l'IA
  • Rétro-documentation de l'existant pour ne rien oublier
  • Prototype fonctionnel entre les mains des utilisateurs dès le premier sprint, pour se tromper tôt et souvent

Fabriquer et maintenir

  • Sprint agentique : agents IA à chaque étape, tests automatisés
  • Un ticket Jira ouvert est dans 80 % des cas corrigé, testé et déployé en environnement de test par l'IA
  • Validation humaine avant la production, coût de maintien en condition opérationnelle divisé par 10

La condition. L'IA est un multiplicateur. Avec une équipe senior et une méthodologie stricte, elle multiplie la qualité. Avec de la médiocrité, elle multiplie les failles de sécurité, le vibe coding et le code spaghetti. La séniorité requise est deux à trois fois plus élevée qu'avant.

Questions fréquentes

Make or buy dans l'assurance, ce qu'on nous demande

À partir de quel montant de licence SaaS un logiciel métier sur mesure devient-il moins cher ?

Selon Maxime Topolov (code.store), au-delà de 200 à 300 k€ de licence par an. Sur 5 ans, 200 k€ par an font 1 M€ de coût total de possession, budget qui finance un logiciel sur mesure.

Qu'est-ce que la voie intermédiaire entre make et buy ?

Un logiciel métier qui appartient à l'assureur, fabriqué et maintenu par code.store avec une méthode industrialisée par l'IA, pour un coût de possession inférieur à une licence SaaS, avec les données hébergées chez l'assureur.

Pourquoi la modernisation IT est-elle plus difficile dans l'assurance ?

Trois raisons : la pression réglementaire, la diversité des métiers (IARD, épargne, santé n'ont ni les mêmes contrats ni les mêmes sinistres) et les contrats d'assurance vie qui cumulent des dizaines d'années de règles et de versements.

Comment l'IA accélère-t-elle la migration d'un système legacy en COBOL ?

L'IA rétro-documente 2 millions de lignes de COBOL en quelques jours : règles métier, modèle de données, process. code.store s'engage ensuite sur une migration à prix et durée fixes, de 6 à 12 mois.

Quels résultats chiffrés code.store a-t-il obtenus dans l'assurance ?

Système d'assistance médicale voyage, 1 500 utilisateurs 24/7, migré de Dynamics ou Salesforce vers du sur mesure : coût de run de 2 M€ à 200 k€ par an, coût global divisé par 4. Une application de 5 ans à 10 développeurs refaite en 18 mois à 5.

Quelle part de la maintenance est traitée par l'IA ?

Sur les plateformes code.store en production, environ 80 % des tickets Jira (petits bugs, petits changements) sont corrigés, testés et déployés en environnement de test par l'IA, puis validés par un humain avant la production.

Quelle est la limite de cette approche ?

L'IA est un multiplicateur. Sans équipe senior et sans méthodologie stricte, l'IA multiplie les problèmes : failles de sécurité, vibe coding, code spaghetti. La séniorité requise est deux à trois fois plus élevée qu'avant.

Intervenants

Qui parle dans cet épisode

Invité

Maxime Topolov

Co-fondateur de code.store, néo-ESN française créée en 2018, 80 personnes, logiciel sur mesure : custom-ERP, business apps, applications mobiles pour l'assurance et les médias (Libération, Le Point, L'Express, Washington Post). Fondateur d'Adyax en 2008, revendue au groupe Smile en 2018.

Hôte

Florian Graillot

Investisseur insurtech chez astorya.vc, anime le podcast Tonalités InsurTech, consacré à la transformation technologique du secteur de l'assurance.

Qui en parle autour de nous

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Transcript

L'échange intégral, 20 minutes, 14 prises de parole

Transcription automatique relue le 22 septembre 2026, horodatages indicatifs.

Florian Graillot0:00

Bonjour Maxime, merci d'être avec nous aujourd'hui pour échanger sur un sujet que je trouve assez passionnant et qui intéresse évidemment toute l'industrie de l'assurance. C'est l'enjeu que constitue la modernisation des systèmes informatiques dans l'assurance et la manière évidemment dont code.store propose une approche un peu différente. On va le voir un peu plus tard dans la discussion, à mi-chemin dans le célèbre dilemme du make or buy. Et peut-être avant de se lancer justement dans le vif du sujet, est-ce que tu peux te présenter, toi et code.store évidemment, pour celles et ceux qui ne te connaissent pas déjà ?

Maxime Topolov0:55

Bonjour, effectivement, merci beaucoup. Écoute, moi je suis un ancien dev, j'ai toujours codé depuis l'âge de 10 ans. Et puis en 2008, j'ai créé une première boîte qui s'appelait Adyax, on faisait des applications métiers avec un CMS Drupal à l'époque. On avait bossé pour la terre entière, LVMH, Saint-Gobain, World Bank, voilà. J'ai vendu ça au groupe Smile, très sympa, un intégrateur open source très connu en 2018 pour recréer code.store avec cette idée. On est parti d'une idée simple puisqu'on va refaire du service, on est une boîte de service. On fait du logiciel sur mesure, du logiciel métier sur mesure. Mais avec cette idée, c'est qu'avec les avancées récentes, le logiciel devient une commodité. Avant, ce qui était des projets longs et très coûteux, souvent dérivants sur des années et des millions. Aujourd'hui, grâce aux dernières avancées, pas que l'IA, c'est pas que ça, c'est tout le système, les frameworks, les plateformes low-code, les plateformes DevOps, cloud, permettent de développer du logiciel beaucoup plus rapidement. Et c'est sur ça qu'on a parié en créant code.store. Ça fait 6 ans qu'on existe, on est 80 et on travaille beaucoup dans l'assurance.

Florian Graillot2:15

Oui, justement, tu l'as évoqué, tu dis qu'on fait du développement de logiciels métiers. Justement, ça, c'est un des éléments que je trouve intéressants pour code.store. Et peut-être pour donner un peu de contexte, justement, tu travailles dans de nombreuses industries. Et à titre perso, je trouve ça toujours intéressant de voir ce qu'on peut apprendre, justement, des autres industries. Donc, en matière de modernisation IT, justement, parce que c'est quand même le sujet du jour, en quoi tu vois l'assurance et les assureurs un peu différents des autres industries ou des autres grands groupes avec lesquels tu peux travailler ?

Maxime Topolov2:40

Alors, effectivement, pas beaucoup d'industries. Finalement, on n'a qu'une seule, l'autre verticale, c'est les médias. On travaille avec Libération, Le Point, L'Express, l'Humanité ou Record TV au Brésil, Washington Post aux États-Unis, d'ailleurs. Donc, on a des grands médias. Alors, moi, je peux faire la comparaison avec les grands médias et l'e-commerce, parce que j'avais bossé dans l'e-commerce avant. L'essentiel des différences, c'est le réglementaire. C'est-à-dire que la grosse peur ou crainte de n'importe qui est l'assureur, c'est la CPR (contrainte réglementaire), mais pas que. C'est le fait que la diversité aussi, quand on dit les assureurs, en réalité, dedans, il y a plein de métiers très différents. Quand on prend l'IARD ou l'épargne ou des choses comme ça, ce n'est pas du tout les mêmes métiers en finale. Ce n'est même rien à voir en termes de fonctionnalité, de gestion de contrat ou de sinistre. Ce n'est pas les mêmes enjeux ni les mêmes montants. Et donc, je pense que la diversité du métier de l'assurance, le fait que ce soit très réglementé et la complexité aussi, c'est-à-dire qu'une complexité multiannuelle, quand on a un contrat d'assurance vie où il y a eu des changements de réglementaire, des versements différents complémentaires sur des années et des années, parfois des dizaines d'années, ce n'est pas simple. C'est cette difficulté-là qu'on n'a pas ailleurs. Si je prends le parallèle avec les médias, le problème des médias, c'est la volumétrie, la volumétrie de contenu, c'est des millions et des millions et des millions d'articles, c'est aussi la diversité des revenus à chercher et les changements majeurs qu'ils ont côté revenus. Comment ils vendent, comment ils attirent les abonnés ? C'est très difficile. Ils font face à des concurrents géants comme Google, Meta ou TikTok. Eux, c'est la concurrence de ces grandes plateformes pour le temps du cerveau disponible qui est un enjeu majeur. Tandis que dans l'assurance, c'est cette stabilité nécessaire, cette continuité absolument nécessaire dans les systèmes informatiques.

Florian Graillot4:30

Justement, en parlant de système informatique, il y a un sujet tech, je dirais, qui est vraiment le plus chaud sur toutes les lèvres en ce moment, toute industrie confondue, mais en particulier dans l'assurance, c'est évidemment l'intelligence artificielle. Et vu de ma fenêtre, je dirais, j'ai l'impression que ça multiplie et accélère en fait les enjeux IT qui existaient déjà dans l'industrie. Comment tu vois, toi, justement, les priorités en matière de modernisation IT pour les assureurs et dans ce contexte ?

Maxime Topolov4:45

Il y a deux aspects, enfin trois aspects. Il y a trois niveaux, trois niveaux de réponse qu'on peut avoir. Le premier, le plus évident, celui qui nous concerne le plus, c'est de dire en quoi est-ce que l'usage de l'IA et des derniers modèles nous accélèrent la modernisation. Très concrètement, on peut aujourd'hui rétro-documenter un logiciel de 2 millions de lignes de code COBOL en quelques jours. Donc, on peut retrouver de la connaissance sur les règles métiers, sur le modèle de données, sur les process très rapidement. Ce qui va permettre dans un projet de migration d'être beaucoup plus rassurant vis-à-vis des stakeholders, de la DSI, en disant, écoute, on est capable de s'engager forfaitairement à une migration sur 12 mois, 8 mois, 6 mois de ton logiciel qui a été développé en VB6, COBOL, S400, je ne sais quoi d'autre. Et on sait où on va aller, on sait qu'on arrivera au bout, on sait qu'on migrera les données, et ça va se passer pour un montant fixe et une durée fixe, ce qui n'était déjà pas le cas avant. Donc ça, l'IA, sans IA, ça n'aurait jamais été possible. Là, j'ai une application, par exemple, qu'on rétro-analyse, où il y a 4500 fichiers, il y a 5 ans de développement d'une équipe de 10 personnes. Évidemment, dedans, aucun humain ne serait capable de rétro-documenter ça, même en plusieurs mois. Donc ça, c'est quelque chose qui est activable, possible. La génération de code, on est capable aujourd'hui, si on sait exactement ce qu'on veut faire, on décrit le modèle de données, les fonctionnalités de manière précise, on est capable d'avoir une génération de code quasi à 100% avec très peu d'intervention humaine. Donc ça, c'est le premier élément. Deuxième élément qu'on voit apparaître dans les grands assureurs, là, il y a un projet concret, je ne peux pas en parler plus dans le détail, mais c'est un projet qui démarre là, maintenant, dans les semaines à venir, pour un très grand assureur sur des risques industriels, par exemple, où le risque industriel demande du traitement documentaire immense. On a analysé des documents très divers, au format très divers, ce n'est pas du tout standardisé comme l'auto, par exemple. Et donc là, c'est comment est-ce que l'IA nous permet aux actuaires de donner un pricing le plus juste et celui qui aura un loss ratio le plus avantageux. Et là, c'est l'analyse de quantité de documentaire immense, c'est des agents IA qui vont aller chercher les statuts, le passé de l'entreprise, les sites, les clients, les concurrents, les terrains, etc. Donc, l'analyse de données très volumineuse pour mieux pricer. Et enfin, il y a le troisième niveau qui est aussi activable, c'est comment est-ce que l'IA peut m'aider à vendre mes polices, d'aller chercher mes clients, que ce soit en outreach, en closing. Là, on a des plateformes comme Alvio, par exemple, qui vont pouvoir, avec des chatbots, clôturer une vente abandonnée, réactiver des prospects qu'on n'aurait pas pu activer. Et là, pareil, c'est le volume. Donc, à chaque fois, en fait, l'IA répond à un problème, si on peut résumer tous les trois cases, c'est je suis capable de traiter un volume qu'aucun humain ne peut faire, que ce soit en contact, en analyse de code, en analyse documentaire. C'est le volume où l'IA gagne tout le temps.

Florian Graillot8:20

Intéressant. Et effectivement, on voit en plus, les acteurs, là, tu as donné trois exemples de la manière dont l'IA pouvait impacter, finalement, tout ce qui était IT, développement, dans l'assurance. On voit d'ailleurs que sur ces sujets-là, les feuilles de route, intelligence artificielle pour les assureurs, j'ai tendance à dire qu'ils bougent en tous les sens. Alors, ça peut sembler péjoratif. Moi, je trouve ça hyper positif parce que contrairement aux vagues technologiques précédentes, je dirais qu'il n'y a pas un moule, une direction dans laquelle tout le monde va. Mais voilà, il y a plein de projets différents qui sont testés et surtout des manières d'approcher les projets qui sont un peu différentes. Je pense évidemment au célèbre, je dirais, dilemme entre le make et le buy où justement, les assureurs ont plutôt tendance à toujours vouloir faire du make, échouer pour plein de raisons et se tourner vers le marché ensuite. Aujourd'hui, on voit qu'il y a plus de granularité. Ils construisent des choses en interne. Ils travaillent avec des boîtes pour co-construire. Ils rachètent des boîtes. Ils font simplement des partenariats. Bref, il y a une vraie et grosse diversité. Avant de revenir sur la spécificité de code.store qui propose une voie alternative, je dirais, entre le make et le buy, est-ce que tu pourrais justement nous dire de ta fenêtre quelles sont les limites, selon toi, justement, à la fois au make et au buy, ce qui fait que code.store est allé vers cette voie un peu alternative et cette manière de faire assez originale et différenciante, du coup ?

Maxime Topolov8:55

Déjà, rappelez peut-être le buy. C'est mode SaaS, achat d'un éditeur, même avant. SaaS, ça a démarré en 2000 avec Salesforce, mais même avant, les éditeurs en général. Un logiciel standard du marché est intéressant quand on a un problème standard à résoudre. Si je veux avoir un site e-commerce qui vend des t-shirts, je vais acheter un Shopify, je ne vais pas refabriquer tout le système e-commerce parce que j'ai besoin de juste vendre des t-shirts. Ça n'a aucun sens. Pareil sur des CRM. Si on a 10 employés et qu'on a besoin de faire un CRM pour un suivi d'opportunités, on prend HubSpot, on prend Salesforce, ça sera très bien. Donc, tous les problèmes standards résolus de manière standard par un logiciel, on reste dans le buy. Ça reste efficient. En revanche, des problèmes se posent dans deux conditions. Soit un, le problème qu'on a à résoudre n'est pas standard. Souvent, dans les assurances, ça semble standard, mais ça ne l'est pas vraiment. Les workflows, les manières de faire ne sont pas les mêmes. Deuxième cas de figure, c'est quand on a le volume, la taille de l'entreprise fait que le modèle de facturation de ces éditeurs, qui sont plus ou moins au siège, généralement, parce qu'ils veulent prendre le plus d'argent possible qui est prenable de la part de l'entreprise, ils se disent qu'une grosse boîte de 500 employés ou 1 000 employés va avoir plus de moyens et donc, pas de raison pour qu'on le... Et là, en fait, c'est là où on va intervenir sur ces deux cas de figure-là. Soit le logiciel n'est pas assez standard, il va demander, en fait, on va prendre un SaaS, mais on va tellement le tordre que, en fait, on va investir beaucoup en développement customisé au-dessus et l'intérêt de continuer à payer des licences est relativement faible. soit la taille, le nombre de sièges demandés est tel qu'on va devoir dépenser 2, 3, 4, 5, 10 millions par an pour un logiciel. Or, aujourd'hui, pour ces montants-là, on peut faire beaucoup de choses pour 10 millions d'euros avec du cloud et de l'IA et des développeurs. On peut fabriquer beaucoup. Donc, en fait, la différence, elle est là. Soit on a un comportement, un fonctionnel qui est très spécifique, soit on a un coût de run en licence beaucoup trop important par rapport à la valeur produite du logiciel. Et, en fait, la vraie difficulté, c'est de dire en fait, ce qui a changé avec l'IA, c'est que la barre de dire à partir de quel moment, à partir de combien de coûts de licence par an il devient plus rentable de fabriquer que de louer un logiciel, eh bien, il s'est vachement abaissé. Si avant, en dessous de... Il était parfaitement logique de dépenser 5 millions par an en licence et en disant de toute façon, c'est plus rentable que d'avoir son propre logiciel. Aujourd'hui, nous, on constate que sur certaines typologies de logiciels, en dessous de 2-300 000 euros de licence par an, au-dessus de 2-300 000 de licence par an, il devient plus rentable de développer que de... Parce que le TCO, le prix total, enfin, le coût total de ownership sur 5 ans, à 200 000, c'est 1 million. Et pour 1 million sur 5 ans, on peut faire des choses sur mesure.

Florian Graillot12:10

Et on en vient justement à la genèse, en fait, de cet échange. Et quand on s'est rencontré, justement, j'avais été surpris et aussi hyper intéressé par la manière dont code.store répondait à ces enjeux. Déjà, les pointer du doigt comme tu viens de le faire et proposer une voie un peu alternative, différente finalement, à mi-chemin, je dirais. C'est comme ça que je le résume. tu vas nous le préciser entre le make et le buy. Est-ce que justement, tu peux le dire et l'expliquer avec tes mots et nous en dire un peu plus sur cette approche un peu originale que propose code.store en termes de modernisation ?

Maxime Topolov12:30

En fait, c'est hyper simple. On a juste repensé complètement tous les aspects de fabrication de logiciel, tous les étages de la conception, du design, de comment recueillir le besoin des utilisateurs. Avant, on devait aller voir 10, 15 personnes, faire des expressions de besoin qui étaient transformées en spécifications fonctionnelles, puis transformées en spécifications techniques, puis on faisait des wireframes, on faisait du design, du développement et après, on le faisait tester. Évidemment, quand on faisait tester entre le besoin initial et la réalité de ce qu'il fabriquait, il y avait plein de retours et puis on refaisait, on refaisait, on refaisait. Et ça faisait des projets qui dérapent et qui prenaient du temps. On a refondu la manière de concevoir le logiciel. On utilise l'IA dans tous les échanges. On peut faire le recueil du besoin en masse auprès de centaines d'utilisateurs et en sortir des insights. On peut faire, on a vu, la rétro-documentation pour s'assurer qu'on n'ait pas oublié des choses et on peut faire surtout générer des prototypes. Là, maintenant, on démarre des projets. Quasiment tous les projets qu'on démarre de logiciels métiers, c'est un prototype fonctionnel qu'on met tout de suite dès le premier sprint entre les mains d'utilisateurs. Ça accélère énormément la capacité à faire des erreurs parce que tout l'enjeu d'une fabrication de logiciels, c'est à quelle fréquence et à quelle vitesse on est capable de se tromper souvent. Plus souvent, on se trompe, on montre aux utilisateurs qu'on n'a pas compris et on refait des itérations courtes, meilleur sera le logiciel à la fin et moins il coûtera. Et la deuxième étape, c'est évidemment la fabrication du logiciel lui-même. Sprint agentique, des agents IA partout, tests automatisés qui permettent de réduire énormément le temps de développement et la maintenance qui est une grosse question. Globalement, là où toujours le logiciel SaaS gagné, c'est que globalement vous payez une licence mais vous n'occupez pas de la matière en condition opérationnelle, de l'hébergement, du déploiement, des montées de version et des bugs, des fonctionnalités. Or aujourd'hui, tout ça entre le cloud, les outils de CI, CD, donc le déploiement automatique et l'IA qui permet aujourd'hui, par exemple, sur des plateformes qu'on a en prod aujourd'hui, à peu près 80% des tickets, c'est-à-dire des petits bugs ou des petits changements, 80% de ces petits changements sont faits automatiquement par l'IA. Vous ouvrez un ticket Jira, dans 80% des cas, l'IA décide de le faire elle-même, de tester, de déployer d'abord en test, en environnement de test, puis de vous faire valider et puis passer en prod. C'est-à-dire que 80% de tickets d'un logiciel complexe, des gros logiciels métiers, je ne parle pas des petits prototypes, sont gérés de manière automatisée. Et donc, du coup, les coûts de maintien en condition opérationnelle sont divisés par 10. Face à des licences de plusieurs centaines de milliers d'euros, on a l'équivalent en maintenance qui est très faible. Et pourquoi la troisième voie ? Parce qu'en fait, un peu à l'ancienne, c'était tout fabriqué en interne avec un peu à l'ancienne, avec des process à l'ancienne, même avec mettant Claude ou Codex dans les mains des développeurs, vous avez les mêmes coûts. Parce que si la manière de faire n'est pas changée, globalement, les coûts s'accumulent. Si vous faites à l'ancienne et vous achetez un logiciel SaaS, vous allez payer beaucoup en licence en étant complètement lié à l'éditeur, souvent américain. Vous n'êtes pas souverain, vous n'êtes pas chez vous. Et surtout, vous avez le même logiciel que tout le monde. Donc, votre avantage compétitif à sortir des offres plus vite, à tester des choses, il est faible. Et nous, on offre vraiment la troisième voie ou la voie intermédiaire en disant, vous avez votre propre logiciel qui vous coûte moins cher que le SaaS, mais qui vous donne toute la flexibilité d'un logiciel sur mesure où vous pouvez faire des tests, des changements. C'est votre donnée, votre donnée souveraine. Et ça, c'est un vrai avantage, je pense.

Florian Graillot15:00

Justement, en parlant d'avantage, tu en as évoqué quelques-uns à travers les exemples que tu as donnés. Tu as aussi beaucoup parlé de tests ou finalement, en mimiquant, je dirais, le process de test and learn qu'on voit souvent dans les startups, mais là, appliqué au grand groupe et au développement de logiciels complexes pour reprendre les termes que tu as dit. Justement, sur les bénéfices que tu perçois d'une telle approche, est-ce que tu peux nous donner quelques autres exemples ou peut-être des chiffres même que tu peux partager sur des résultats concrets ?

Maxime Topolov15:15

Je donne un exemple. Un grand logiciel, un grand, très grand, donc très grosse boîte, il faut 6 milliards de chiffres qui décident pour leur système d'assistance mondiale médicale voyage de passer d'une voie soit Dynamics, soit Salesforce sur du custom-made aujourd'hui. Le coût global, incluant tout, c'est-à-dire les coûts de changement interne, la migration, la conception, l'accompagnement au changement. Il y a 1500 utilisateurs internes H24, donc c'est un très gros programme qui se déroule sur 3 ans. Et malgré tout ça, c'est-à-dire avec des consultants, nous, le développement sur mesure, l'hébergement, toutes les règles de sécurité que vous pouvez imaginer, le coût total a été divisé par 4. Par 4. Le coût global pour la boîte du coût de fonctionnement de cette application qui inclut tout, les coûts humains internes, externes, hébergement, etc. Donc ça, c'est un chiffre concret. Si on prend de manière très concrète le coût de run uniquement, c'est-à-dire le coût technique, on est passé de 2 millions à 200 000, divisé par 10. Voilà le taux de gain. On peut citer un autre exemple. On a, par exemple, une application qui est en cours d'étude, une application de 4 500 fichiers, 5 ans de développement, je vous le disais au début en intro. C'est une application qu'il faut refaire complètement parce qu'elle a été abandonnée pour tout un tas de raisons. Bref, il faut refaire l'équivalent de 5 ans de développement à 10 développeurs. Eh bien, la nouvelle itération va être refait complète de A à Z en 18 mois et à 5. Voilà les gains qu'on constate aujourd'hui. C'est énorme. Mais par contre, ce qu'on voit aussi, c'est que ça demande un niveau de séniorité et de niveau d'organisation deux fois, trois fois plus élevé qu'avant. C'est-à-dire que pour que ça marche vraiment, l'IA est un multiplicateur et si vous multipliez la médiocrité, vous obtenez beaucoup plus de problèmes et on le voit des problèmes de sécurité, de vibe coding, des trucs dans tous les sens, le code spaghetti, etc. Ça, ça reste absolument vrai. Par contre, si vous prenez des gars très seniors qui connaissent, qui savent ce qu'ils font, qui sont très bien organisés en termes de process et de méthodologie de développement, dans ce cas-là, vous obtenez de la qualité. C'est un peu ça. Ça démultiplie les différences qu'on pouvait déjà avoir avant entre les bons et les mauvais.

Florian Graillot19:15

Écoute, c'est top. Merci beaucoup à la fois pour tous les insights que tu viens de donner et pour ce début de transition parce qu'en fait, on se retrouvera dans un mois pour parler justement des enjeux de passage à l'échelle, de performance. Donc, tous ces sujets sur la manière dont l'IA permet d'accélérer le développement et de repenser même le process de développement et de répondre à ces deux défis, notamment avec l'IA qui accélère finalement les roadmaps comme on l'a dit tout à l'heure. Donc, merci Maxime déjà pour ce premier échange et puis à très bientôt pour la suite.

Maxime Topolov19:55

Merci, au revoir.

Transcript intégral réservé aux professionnels de l'assurance

Aucune newsletter automatique. Votre email est enregistré chez code.store pour vous envoyer le PDF des chiffres et, au plus, un message de Bertrand.

Et chez vous

Un logiciel métier à plus de 200 k€ de licence par an ?

code.store rétro-documente votre existant et chiffre au forfait la migration vers un logiciel qui vous appartient. Premier échange avec Maxime Topolov ou Bertrand.

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